un voyage à 5 000 mètres sous nos pieds

Jusqu'à La Faille

un film documentaire de Thierry Schwob · une production Nous Prod (devenu OurFrame) · 2024-2026 · 80 min

faites défiler pour creuser
ALTITUDE 0 M · LE FILM

L'histoire d'une chaleur qui dort sous nos pieds

Pour atteindre ses objectifs de zéro carbone d'ici 2050, la Suisse explore la géothermie profonde. Jusqu'à La Faille suit des pionnières et pionniers de l'énergie dans leur quête pour exploiter la chaleur terrestre, et dévoile les défis techniques, scientifiques et humains de cette aventure.

Au plus près des protagonistes du forage du village vaudois de Vinzel, des équipes de Lavey, et des opposants au projet de Haute-Sorne dans le Jura, le film croise les récits d'une révolution énergétique discrète mais essentielle. En évoquant le potentiel de la géothermie en Islande comme le séisme de Pohang en Corée du Sud, il offre un aperçu nuancé des défis et des promesses de cette chaleur cachée. Une invitation à réfléchir aux solutions énergétiques de demain.

Version originale française · sous-titres disponibles · film disponible à la location sur Vimeo on Demand.

CARNET DE TOURNAGE · L'ÉQUIPE

Celles et ceux qui ont creusé le sujet

Pendant plus de quatre ans, les équipes de tournage ont avancé au rythme de trois projets de géothermie profonde en Suisse romande : Vinzel, Lavey et Haute-Sorne. Au plus près des forages, des bureaux et de la rue, le film s'est construit en suivant les surprises du chantier : les premiers résultats à Vinzel, les premières manifestations dans le Jura. Aux côtés de promoteurs, de porteurs de projet et d'opposants qui ont fini par oublier la caméra, portés par leurs convictions.

Crédits principaux

Thierry Schwobréalisation & montage
Fanny Haussauerproduction
Jonathan Lemieuxproduction
Manon Germondécriture
Brice Lecampionsuivi scientifique
Bruce Wuilloudmontage son & mix

Équipe technique élargie

Image : Thierry Schwob · Maxime Von der Mühll · Jérôme Piguet · Nicolas Mesple. Prise de son : Julien Matthey · Bjorn Cornelius. VFX : Thierry Schwob · Damien Wüthrich. Graphisme : Damien Wüthrich. Étalonnage : Rodney Musso (Color Grade, Genève). Impact & diffusion : Nadia Kaelin · Clara Marbehant. Attaché de production : Raphaël Vurlod.

Une production Nous Prod, qui est devenu OurFrame depuis 2025.

EN SALLE ET AILLEURS · VOIR LE FILM

Projections & diffusion

Le film est disponible à la location en streaming et continue à voyager en projection-débat dans les salles, festivals, écoles et collectivités. Vous pouvez organiser une séance ; n'hésitez pas à nous écrire.

L'agenda des projections est mis à jour sur la page Actualité.

DÉPART · 12 °C EN SURFACE

Et maintenant, descendons.

Pour tourner ce film, nous avons suivi l'eau : elle plonge à 5 000 mètres, se gorge de chaleur, puis remonte chauffer nos maisons. Faites comme elle. Laissez-vous couler le long du puits.

la profondeur s'affiche en bas à gauche ↙

PALIER 1 · 0 m · 12 °C

Capter, transformer, distribuer

Tout se joue dans une halle discrète. L'eau remonte du puits de production à près de 170 °C : un échangeur transfère sa chaleur au réseau de chauffage à distance, une turbine en tire de l'électricité, puis l'eau refroidie repart par le puits d'injection se réchauffer en profondeur. Un circuit fermé, silencieux, sans fumée. Seul un panache de vapeur d'eau s'échappe de la tour de refroidissement.

PALIER 2 · − 400 m · 25 °C

La porte des profondeurs

Un puits n'est pas un simple trou : c'est un emboîtement de tubages d'acier cimentés à la roche, de plus en plus étroits à mesure que l'on descend, comme une longue-vue repliée sur 5 kilomètres. Cette armure isole totalement le forage des nappes phréatiques qu'il traverse : l'eau potable et l'eau géothermale ne se croisent jamais.

PALIER 3 · − 1 600 m · 65 °C

Des roches qui boivent

Après l'épaisse molasse, voici les calcaires du Malm : une roche fissurée, parfois creusée de galeries comme un gruyère, où l'eau circule librement. C'est dans ce genre d'aquifères profonds que puise la géothermie dite hydrothermale, celle qui chauffe déjà des quartiers entiers à Munich, à Paris ou à Genève.

PALIER 4 · − 2 350 m · 90 °C

Anatomie d'un puits

Vu de l'intérieur, le puits est un mille-feuille : la roche, une gaine de ciment, le tubage d'acier, et au centre l'eau brûlante qui file vers la surface. Le tout dans un diamètre qui, ici, ne dépasse plus une vingtaine de centimètres. L'épaisseur d'une assiette à tarte, pour chauffer un quartier.

PALIER 5 · − 3 800 m · 137 °C

Viser juste, à des kilomètres

Nous voilà dans le socle cristallin : granite et gneiss, durs, secs, brûlants. Regardez les puits s'incurver : grâce au forage dirigé, les équipes pilotent la trajectoire au mètre près pour écarter les deux pieds de puits de plusieurs centaines de mètres. La chaleur, elle, vient du cœur de la Terre et de la lente désintégration radioactive naturelle des roches : un radiateur qui fonctionne depuis 4,5 milliards d'années.

PALIER 6 · − 4 700 m · 165 °C

Le cœur du système

Entre les deux puits : le réservoir. De l'eau y est injectée sous pression pour élargir délicatement les fissures naturelles du granite et les faire communiquer. L'eau froide descend d'un côté, serpente dans ce labyrinthe minéral en se chargeant de chaleur, puis remonte de l'autre. La roche elle-même devient l'échangeur : c'est le principe des systèmes géothermiques stimulés (EGS).

PALIER 7 · − 4 800 m · 170 °C

La roche devient chaudière

Au plus près de la fracture : l'eau s'infiltre froide, lèche des kilomètres carrés de granite à 170 °C et ressort prête à chauffer la surface. Chaque circulation est surveillée en continu (débits, pressions, micro-sismicité) pour que le réservoir travaille sans jamais forcer.

TERMINUS · − 5 000 m · 177 °C

Tout en bas

Vous êtes à cinq kilomètres sous vos pieds. Ici, la Terre offre une chaleur constante, locale, disponible jour et nuit, été comme hiver. Le plus dur n'est pas d'aller la chercher. C'est d'oser commencer à creuser.

« Le plus dur, c'est pas de descendre. C'est de convaincre qu'il faut y aller. »

REPÈRES · LA GÉOTHERMIE EN CHIFFRES

Une énergie sous-exploitée

99 %du volume de la Terre dépasse 1 000 °C : la chaleur ne manque pas
24 h/24une production continue, indépendante de la météo et des saisons
≈ 0 CO₂une chaleur renouvelable, quasi sans émissions à l'usage
4 +années de tournage, sur trois projets suisses : Vinzel, Lavey, Haute-Sorne

Sources : Office fédéral de l'énergie (OFEN) · Géothermie-Suisse · Agence internationale de l'énergie (AIE).

ON NOUS DEMANDE SOUVENT · FAQ

Questions fréquentes

La géothermie profonde provoque-t-elle des tremblements de terre ?

C'est l'une des grandes questions traitées par le film. Les projets stimulés peuvent générer de la micro-sismicité au moment d'élargir les fissures du réservoir. Aujourd'hui, chaque chantier est encadré par un réseau de capteurs au sol et en profondeur, avec des seuils d'arrêt automatique. L'accident de Bâle (2006) puis surtout celui de Pohang (2017, en Corée du Sud, un séisme de magnitude 5,5 lié à un forage) ont profondément transformé les protocoles. Le film donne la parole aux scientifiques qui suivent ces seuils, comme aux opposants qui jugent qu'ils ne suffisent pas.

Quelle différence avec une pompe à chaleur ou une sonde géothermique ?

Les sondes géothermiques de surface descendent à 100–200 mètres et alimentent une seule maison via une pompe à chaleur. La géothermie profonde, c'est plusieurs kilomètres, des températures de 100 à 200 °C, et la capacité de chauffer des quartiers entiers, voire de produire de l'électricité. Pas du tout les mêmes échelles, ni les mêmes risques.

Est-ce vraiment renouvelable ?

La chaleur du sous-sol est entretenue par le flux thermique de la Terre, alimenté par la désintégration radioactive naturelle des roches. À l'échelle d'un projet, le réservoir peut se refroidir localement si on lui demande trop. Bien dimensionnée, une centrale tourne plusieurs décennies, le temps que la roche se régénère thermiquement. Indépendante de la météo et des saisons, elle fournit une chaleur disponible 24 h sur 24.

Pourquoi n'y en a-t-il pas déjà partout en Suisse ?

Parce que le premier forage profond reste cher (plusieurs millions de francs) et risqué : on ne sait jamais à l'avance si la ressource souterraine sera au rendez-vous. Il faut une bonne connaissance du sous-sol, une acceptation locale, et un cadre politique qui partage le risque. C'est précisément ce que met en scène le film.

Comment voir le film ?

Le film est disponible à la location en streaming sur Vimeo on Demand. Pour organiser une projection-débat dans votre commune, école, association ou cinéma, écrivez-nous via la section contact.

REJOIGNEZ-NOUS · CONTACT

Faire remonter le sujet à la surface

Projections scolaires, séances-débats, accompagnement par l'équipe : écrivez-nous à hello@ourframe.ch. Pour louer le film en VOD : Vimeo on Demand.

Une production

Le film a été produit par Nous Prod, qui est devenu OurFrame depuis 2025.

Nous Prod OurFrame

Avec le soutien de

Canton de Vaud République et Canton de Genève Fonds national suisse